En septembre 2005, Les Garagistes de Tréméven chantaient chez Monique Mouveau et Frédéric Wolff, maraîchers bio, sis à Lannebert, jardin du Guivoas, à l’occasion de leur porte ouverte annuelle. Le concert avait lieu dans une des granges. C’est à cette occasion que l’idée est née :
La tournée « Les Garagistes de Tréméven visitent vos granges » commençait, avec, comme parrain, Jean-Claude Pierre, co-fondateur d’Eaux et Rivières de Bretagne et porte-parole du réseau Cohérence
« Une grange, un hangar… Sol de terre battue, sol de ciment, n’importe.
Planches installées sur des bidons, vieux tapis ou sacs à patates posés par terre feront l’affaire pour les plus jeunes, et quelques sièges hétéroclites (transats, fauteuil du grand père, chaise de jardin) pour les dos fatigués.
De sonorisation, point. Le public osera s’approcher tout près, tout près des saltimbanques pour mieux les entendre !
Les battants seront grands ouverts sur le soleil ou la nuit printanière.
Autour du site, se nichent certainement un fournil, une charcuterie, un potager. Selon l’heure et le lieu, les spectateurs (et consommateurs !) découvriront les gâteaux, le pain, les pâtés, la soupe, et aussi, le boulanger, la charcutière, les maraîchers ! »
Il y a des moments comme ça dans la vie. Des moments rares où l’on est en partage. C’est comme une impression de se connaître depuis toujours.
Samedi dernier, c’était un de ces moments là, au Gaec Jardin et Pain du Guivoas. Les Garagistes de Tréméven étaient venus avec leurs chansons, leurs rires et leurs frissons. Jean-Claude Pierre était là aussi, avec quelques exemplaires de son livre et le plein d’énergie au service de la planète. Il y avait aussi des pains de la ferme, des confitures et des boissons de copains paysans, une table de presse, un four solaire où mijotaient des poires.
Cette tournée des granges, elle cheminait depuis plusieurs mois dans les esprits. Et voilà qu’elle a pris son envol. On aimerait lui souhaiter longue route dans d’autres fermes, dans d’autres lieux. Pour que se propage l’idée d’une culture différente. Pas la culture fermée d’une élite auto-proclamée. Pas la culture de la terre que l’on compresse, que l’on oppresse. Mais une culture où s’entremêlent des bouquets de chansons tendres et joyeuses, des liens qu’on tisse avec la terre dans la douceur, avec les autres. Des liens qui nous unissent pour faire avancer l’idée d’un autre monde laissant sa place aux désarmés et aux fragiles. « Ne pas parler de poésie en écrasant les fleurs sauvages », chantait naguère Barbara. Comme elle avait vu juste.
Cette mosaïque « agriculturelle », c’était le fil directeur de cette première tournée des granges. Nourrir son corps, nourrir la terre, nourrir son cœur, nourrir son âme, tout cela semblait réuni, ce 23 septembre. C’était un peu comme si, pour quelques heures, on s’était senti relié à la planète, au monde entier…
Par Frédéric Wolff artisan boulanger-artisan parolier





